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Aujourd’hui nous allons aborder une pratique devenue courante dans le milieu du marketing collaboratif et qui s’est développée drastiquement dans le milieu sportif : Le Crowdfunding. Nous verrons ce qu’est cette pratique, comment et pourquoi elle s’est développée dans le monde digital que nous connaissons et en quoi cette elle peut être bien utile pour faire financer un projet sportif et peut servir de tremplin pour acquérir de nouveaux sponsors. Prêt ? Alors c’est parti !

Le Crowdfunding : c koi ?

Définition

« Le financement participatif, ou Crowdfunding (« financement par la foule ») est un mécanisme qui permet de collecter les apports financiers – généralement des petits montants – d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une plateforme sur internet, en vue de financer un projet. » Cette définition est tirée du site entreprises.gouv.fr.

Concrètement, il s’agit de présenter un projet à un échantillon de personnes qui, contrairement à la définition ci-dessus, n’est pas obligatoirement constitué de particuliers et ne donne par forcément que de petits montants. Il suffit de se rendre sur LA plateforme de Crowdfunding par excellence – Kickstarter – pour s’en rendre compte. Cette population, si elle est satisfaite par le projet présenté est alors amenée à donner de l’argent d’un montant libre (Il y a cependant souvent un montant minimum, variant selon les plateformes).

Lorsque j’ai entendu parler de ce type de pratique, j’ai moi même été dubitatif au départ. Je ne pensais pas que le concept marcherait si bien et les raisons de ce succès m’échappaient, sans doute une vision trop pessimiste du tempérament de mécène qui pouvait animer chacun de nous. Avec le recul et la réflexion, je me suis rendu compte que ce n’est pas tant les inconnus qui finançaient les projets mais bien des personnes qui y trouvaient un réel intérêt, aussi minime soit-il. Et c’est là tout le secret d’une campagne de Crowdfunding réussie, mais nous y reviendrons plus tard 😉

Illustration par l’exemple

« Ok, c’est bien joli tout ça mais n’aurais-tu pas des exemples à nous montrer ? » me direz-vous. Et bien oui, j’en ai à la pelle des exemples et je pense qu’un seul suffira. Ai-je oublié de préciser que le Crowdfunding est pratiqué dans beaucoup de milieux et notamment dans le domaine artistique où il a trouvé son origine, mais aussi dans le milieu de l’innovation ou encore le milieu associatif. C’est bien ce dernier qui nous intéressera par la suite, car pour chaque milieu, les leviers d’actions (entendez par là, mettre la mimine à la po-poche) sont différents.

L’exemple que je vais citer est l’un des exemples les plus remarquables. Il concerne la jeune chanteuse Irma. Si vous connaissez son histoire, je vous renvoi directement au chapitre 2 de cet article. Pour les autres, sachez qu’Irma Pany, plus connue sous son nom de scène Irma, est une auteure-compositrice interprète Camerounaise, née le  à Douala. Pour le reste de sa biographie je vous invite à visiter sa page Wikipédia. À ce propos saviez-vous que Wikipédia fonctionnait aussi sur le financement participatif ??? C’est DINGUE non ?! Tout est lié…

 

Irma donc, s’est faite repérer par la plateforme My Major Company qui venait d’ouvrir à l’époque. Le concept de cette plateforme est de présenter des chanteurs et musiciens à la communauté Internet et de faire financer la production d’un album aux plus populaires d’entre eux. Irma a atteint la barre des 70 000 euros nécessaires à la production de son album en moins de 3 jours. De quoi faire rêver…

Pourquoi ? Et bien au delà du talent certain de l’artiste, c’est surtout l’aspect émotionnel qui a prit le dessus. L’histoire de la jeune femme et l’émotion véhiculée dans son morceau a touché le public de cette plateforme, c’est comme ça qu’elle a connu le succès aussi vite. Il faut toujours garder à l’esprit que l’être humain quel qu’il soit, reste un être irrationnel, même si les Sciences Économiques considèrent le contraire, vous pourrez observer autour de vous que l’émotion est la base de tout : on n’achète pas un produit pour ses caractéristiques techniques mais pour l’émotion qu’il nous procure. Voilà pourquoi Red Bull, qui à la base vend juste des boissons énergétiques est une marque si populaire. De quoi inspirer certains clubs…

Aborder une marque avec un projet de Crowdfunding

Comme indiqué un peu plus haut dans cet article, le crowdfunding s’est aussi développé dans d’autres domaines que la musique. Notamment dans le secteur de l’innovation où encore une fois, l’aspect émotionnel joue un rôle prépondérant. On achète avant tout une émotion, un ressenti avant d’acheter un produit, que vous en soyez conscient ou non.

Dans le sport, le crowdfunding s’est développé au départ notamment dans certains sports individuels peu médiatisés tels que la voile, le triathlon ou bien le handisport. Très rapidement, les sports collectifs amateurs ont pu y trouver aussi un intérêt pour aider à financer certains événements ou projets. Fosburit est la plateforme référence pour financement de projets sportifs, mais vous pouvez tout aussi bien passer par des plateformes plus populaires ou généralistes telles que Ulule ou Kiss Kiss Bank Bank.

Bon. La promesse de cet article c’est de vous montrer comment arriver à créer du lien avec les marques qui prospèrent autour de vous et pourquoi pas décrocher un sponsor. Pour cela, commencez par faire financer vos projets sportifs ponctuels via le crowdfunding. Alors comment réaliser une campagne idéale ? Je vous invite à consulter cet excellent article pour y découvrir les étapes essentielles.

Conseil Bonus (ne faisant pas parti de l’article et qui pour moi est le plus important)

Faites toujours financer un projet qui procure de l’émotion. Par exemple faire financer un projet de montée en division supérieur Mmmm… Non. Effectivement tout dépend du contexte, si l’on parle d’un club de village qui a failli descendre en 9eme série et qui grâce à l’abnégation de tous, a réussi à survivre en fédéral, il y a là une histoire qui mérite d’être racontée et qui peut susciter l’intérêt.

Enchainer avec le sponsoring ou la technique du Pied Dans La Porte

Si vous avez été voir l’article en lien (ce que je vous conseil grandement pour la suite), vous avez pu constater que le dernier conseil consiste à ne pas oublier les entreprises. Effectivement il est tout à fait possible de faire financer un projet sportif ponctuel par une ou plusieurs sociétés locales via le crowdfunding. Suivez les conseils distillés en pensant toujours à mettre en avant les bénéfices pour les marques (retombées médiatiques, image de marque, etc.) J’irai même plus loin en insistant sur le fait qu’une entreprise cherche toujours à générer des bénéfices. Elle ne participera que si vous arrivez à la convaincre que cette action aura un réel impact sur son chiffre d’affaires, même si c’est indirect. Elle ne vous fera jamais un cadeau.

Si la marque décide alors de vous financer c’est déjà superbe. Vous pouvez être fier du travail réalisé car même si le financement était faible ou inexistant, vous avez créé du lien avec elle. Et ça, c’est le plus important pour l’étape 2 de notre plan. Voyons à présent un petit concept de manipulation 🙂

Le Pied Dans La Porte : Demander peu pour avoir plus.

La manipulation… Elle a tellement mauvaise réputation que j’ai presque honte de rédiger ce paragraphe. Malgré toute la mauvaise presse que peut récolter cette pratique, elle peut être bénéfique si elle est utilisée à de nobles desseins. C’est comme l’intelligence artificielle ou le nucléaire, il y a le bon et le mauvais, comme en chacun de nous…

La technique du « pied dans la porte » ou encore du « doigt dans l’engrenage » consiste à demander à quelqu’un un service assez dérisoire pour qu’il soit prêt à l’accepter sans trop de soucis, puis dans la foulée de lui demander le véritable service qu’on attendait de lui au départ.

Exemple :

Vous : « Bonjour Bobby, pourrais tu aller me chercher un café, j’ai un call ASAP avec mon n+3 en salle Tokyo et je n’ai pas le temps d’aller m’en chercher un… » (Ceci est la demande d’amorçage)

Bobby : « Mmmm Ok, ça marche ! » (Ce bon vieux Bobby n’a pas remarqué qu’il venait de tomber dans un piège mortel…)

Vous : « Oh pendant que tu y es, tu-pourras passer chercher le colis de 30 Kg à l’accueil pour Natacha, elle en a besoin rapidement 😉 »

Bon, maintenant que vous voyez à peu près en quoi cette technique consiste, essayez de la transposer à notre exemple de crowdfunding et de sponsoring. On est clairement plus sur du café et un colis de 30 Kg mais sur des montants de peut-être plusieurs milliers d’euros. L’effet est surement moins efficace à cette échelle, mais néanmoins comprenez que plus vous avez créé de lien avec votre interlocuteur, plus votre relation est courtoise et plus votre véritable demande est rapprochée dans le temps de votre demande d’amorçage, plus cette technique aura une chance de marcher.

Au delà de l’aspect manipulateur, une entreprise qui a déjà financé un projet ou qui a déjà eu affaire de près ou de loin avec votre club sera plus enclin à vous sponsoriser. Créer du lien et de la confiance avec les marques, sans chercher à vendre tout de suite, est le meilleur moyen d’obtenir plus les fois suivantes, Pensez-y à chaque fois que vous avez un contact avec une entreprise, cherchez à sensibiliser tous les acteurs de votre club au fait que, toute marque peut devenir un potentiel sponsor. Créez alors du lien avec les responsables marketing, aidez-les, soyez proactifs et vous verrez que vous récolterez ce que vous aurez semé : pleins de petits sponsors…

Rugbystiquement,

Mike